Le 9 mars 2009, j'ai prononcé une conférence portant sur la lutte aux préjugés sur les maladies mentales, dans le cadre d'un colloque organisé par le département de la santé de l'Université Senghor.
J'ai utilisé, pour illustrer mon propos, les campagnes récentes de la Fondation des maladies mentales du Québec, réalisées par l'agence Tank, puis du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, réalisées par LG2. Nos approches en publicité sociétale impressionnent toujours les Africains, tant par leur créativité que par les moyens dont on dispose par rapport à aux leurs.
J'ai aussi assisté à de nombreuses conférences lors de ce colloque, me permettant entre autres d'établir d'excellentes relations avec des spécialistes de la santé, dont Jérôme Palazzolo, psychiatre et Alain Dambreville, chirurgien. Je tiens à remercier Christian Mésenge, directeur du département de santé à l'Université Senghor, Fernand Texier, recteur, Alice Mounir, adjointe de Christian, ainsi que Jeannine Rasoarinoro et Samah Ibrahim, membres de l'organisation du colloque, et mon fils Julien Archambault-Leclerc, concepteur de l'affiche de l'événement.
Voici, en prime, le résumé de ma conférence :
La communication comme remède?
La publicité pour combattre les préjugés sur les maladies mentales
Une prescription de Richard Leclerc, spécialiste en publicité sociétale
Être atteint d'une maladie mentale est encore tabou dans nos sociétés, peu importe le continent où nous vivons. Les mots que beaucoup de gens y associent souvent encore au Québec découlent de préjugés tenaces et sont peu élogieux : dément, possédé, fou, débile, dégénéré, aliéné, cinglé, demeuré ou mongol.
Les maladies mentales ne sont pas des faiblesses personnelles qu'on peut simplement associer à ces attributs. Ces maladies portent des noms comme la schizophrénie, les troubles affectifs, les troubles obsessionnels-compulsifs, les troubles d'anxiété, les troubles de la personnalité, les troubles de l'alimentation (anorexie, boulémie), l'alcoolisme et la toxicomanie, le trouble de stress post-traumatiques et elles peuvent être soignées afin d'éviter, à la limite, le suicide...
Mettre fin aux préjugés
Ces préjugés, nés de méconnaissances et de croyances millénaires, empêchent encore à ce jour de nombreuses personnes de reconnaître la maladie qui les afflige, d'obtenir l'aide dont ils ont tant besoin et de poursuivre les traitements qui mèneraient la grande majorité d'entre eux vers le rétablissement.
Cette stigmatisation s'ajoute aux souffrances et aux contraintes qui pèsent sur la personne atteinte d'une maladie mentale et peut conduire à son exclusion sociale. La meilleure arme contre les préjugés à l'égard de la maladie mentale est l'information.
Lâcheté, faiblesse personnelle, paresse sont autant de visions erronées de la maladie mentale, encore ancrées dans nos populations. C'est pourquoi il se fait présentement beaucoup de publicité sociétale, notamment au Québec, pour combattre les préjugés face à la santé mentale.
Il ne faut pas avoir peur des maux, encore moins des mots!

De gauche à droite : Jeannine Rasoarinoro, Alain Dambreville, Lyse Elsie Hakizimana, Samah Ibrahim, Jérôme Pallazzolo, Richard Leclerc et Fatima Ouasmani.